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isolation, bruits
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locaux d'écoute
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les
bruits de trafic routier |
Les façades, et surtout les portes et fenêtres, apportent
une isolation souvent insuffisante, et on peut avoir envie de les
ouvrir ou de vivre en extérieur !
Le bruit de trafic automobile
est la nuisance subie par le plus grand nombre, et
apparait en premier dans les enquêtes d'opinion sur les problèmes
de bruit. Elle est quasi-permanente en de nombreux endroits, même
s'il y a des variations entre diverses périodes de la journée.
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caractères
spécifiques des bruits de circulation automobile : niveau
équivalent Leq ou LAeq |
Une
analyse en fonction du temps par enregistrement, ou même à l'oreille,
d'un bruit de circulation routière montre à
l'évidence des variations importantes et assez quelconques.
On utilise pour ce type de mesure un sonomètre dit "intégrateur"
ou un logiciel spécifique, qui réalisent automatiquement une approximation
par pas temporel court de la fonction L(t) de variation. Voir figure
ci-contre : d'abord, enregistrement brut, ensuite, approximation
par pas temporel, l'échelle des temps est dilatée.
Cette fonction approximée permet d'effectuer le calcul de la moyenne
de L(t) pendant la durée de la mesure. On pourrait le faire graphiquement.
Mathématiquement et d'une manière générale,
la moyenne sur une période T d'une fonction F approximée
par des valeurs Fi s'écrit
:
On définit donc le niveau
sonore moyen ou équivalent
Leq :
voir
bases, définition Leq
Ce Leq est obtenu par lecture directe et en temps réel pendant les
mesures avec les sonomètres et logiciels d'acquisition actuels.
(Il n'y a donc pas nécéssité d'utiliser la formule !)
On constate aux abords d'une route à trafic important et stable
que :
- Leq se stabilise (tend vers une constante) après quelques
minutes d'observation
- Leq ne dépend pas du moment de la mesure si le trafic est stable
- on obtient les mêmes conclusions, avec le niveau
global pondéré A nommé LAeq, et
les spectres en octaves; voir bases
- mais bien sûr, il dépend du point de mesure (influence de la
distance, des obstacles)
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Le bruit émis par un véhicule
est dû :
- au moteur, donc dépend du véhicule, de sa vitesse,
de son accélération,
- au roulement sur la chaussée, donc des pneumatiques,
du revêtement routier,
- à la pénétration dans l'air (bruit dit
aéraulique), donc de la vitesse.
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L'explication fait appel aux lois de la statistique
: le passage des véhicules en un point est une fonction aléatoire,
les niveaux sonores obéissent à une
loi de Gauss, leur moyenne est constante si l'échantillonnage
est représentatif
(comme pour un sondage). A partir du moment où la mesure ou
le calcul ont pris en compte un nombre de véhicules suffisant,
leur réparttition en catégories
d'émission sonore est toujours la même (véhicules
légers récents,
anciens, 2 roues, poids lourds, etc).
On peut donc généraliser les analyses, Et, en ayant effectué de nombreuses
mesures en divers points, en déduire l'influence du trafic, de la
distance, de l'effet de la géométrie des abords de la chaussée, d'un écran, etc.
Conséquences |
Le spectre moyen relevé est partout le même, et
présente
des valeurs fortes aux fréquences basses. La réglementation
sur l'isolation aux bruits extérieurs dans l'habitat en
tient compte, sous la forme d'exigences d'isolements par rapport à ce
spectre moyen, nommé "bruit de route". Voir
page isolement.
Or il est plus difficile d'obtenir de bons isolements aux fréquences
basses. Voir parois simples
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Des formules de calcul ont pu ainsi être établies
et vérifiées
:
- variation en fonction du trafic : LAeq (Q)
= LAeq (Q0) + 10 Log (Q/Q0) dans laquelle
Q0 = quantité de
véhicules à l'heure de référence
; Q = autre valeur
Ainsi le LAeq dépend des horaires : par
exemple, un triplement du trafic aux heures de pointe correspond
à une augmentation de + 5 dBA .
- variation en fonction de la vitesse moyenne (ou maxi autorisée)
: une raison (de plus) justifiant les limitations de vitesse
en zône habitée.
On constate aussi, ce qui est relativement évident, que
les poids lourds émettent des niveaux
sonores plus élevés que les autres véhicules,
ce qui est d'ailleurs normal réglementairement (règles
du code de la route s'appliquant aux constructeurs).
Il existe des formules prenant en compte le pourcentage de poids
lourds (sur autoroute, souvent plus élevé la nuit). |
La réalité de la nuisance
Le Leq représente une moyenne. Il est égal au niveau sonore constant qui aurait nécessité pour exister, au point considéré, pendant la période de temps considérée, la même énergie totale.
On peut considérer qu'il
traduit bien la gêne lorsque le bruit est assez constant, par exemple
de jour aux abords d'une route importante.
Il apparait peu significatif dans d'autres cas, lorsque les bruits
sont très variables ou ont un caractère inopiné :
- passages ponctuels de véhicules très bruyants sur une petite
route;
- de nuit en ville : combien de personnes va réveiller un
poid lourd ou une moto en pleine accélération ?
Par exemple, on peut émettre un doute sérieux sur la pertinence
du Leq pour définir les nuisances sonores des lignes de TGV, il
sert pourtant de base de raisonnement dans certaines études
d'impact. Pour caractériser correctement la nuisance, il existe des quantités
autres, traduisant les variations de niveau sonore, ou amplitudes
par rapport à la moyenne, plus significatives dans ce type de cas. |
propagation des
bruits de circulation |
Analyse théorique
On assimile une route à trafic élevé à une ligne source, le long
de laquelle l'émission sonore est constante :
Ce qui signifie que tous les véhicules émettent
la même énergie sonore, qu'il y a des véhicules
partout régulièrement sur les
chaussées.
Donc modèle théorique valable si le débit ou
trafic est important, les vitesses homogènes, et en se plaçant
dans une direction proche de l'horizontale.
On démontre alors que le niveau sonore varie en fonction
de la distance d à la ligne de sources selon la loi :
avec d = distance à la ligne du point M ;
d' distance du point M'
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Dans cette relation, si d' = 2d, Lm' = Lm - 3 dB,
c'est à dire :
Le niveau sonore engendré par une route diminue
théoriquement de 3 déciBels
par doublement de la distance, ce qui est très
faible.
Dans la pratique, si le trafic est moyen, dans
la mesure où les conditions théoriques ne sont pas tout à fait vérifiées,
on peut admettre une diminution par doublement de la distance de 4
déciBels.
Pour des distances moyennes ou grandes, d'autres paramètres influent
:
- absorption de l'air, principalement aux fréquences élevées,
dépendant fortement de l'humidité
- direction du vent
- différence de températures entre
le sol et les couches d'air supérieures
A des distances de plusieurs centaines de mètres, ces influences
sont fortes, les riverains peuvent se rendre compte, avec
l'habitude, des conditions météo à l'oreille.
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Le modèle théorique ne tient pas compte de l'influence des sols,
qui peuvent être naturels, végétalisés, ou aménagés.
Un effet de réflexion d'un sol bétonné, goudronné, favorise la propagation
et augmente les bruits.
Un sol naturel engendre une certaine absorption, diminuant les nuisances
à distance moyenne et à proximité du sol.
La chaussée est forcément réfléchissante, ce qui favorise une
propagation dans une direction faisant un angle de 25 à 35° environ
par rapport à l'horizontale. On dit que "le
bruit monte" : ce n'est pas vraiment exact, c'est l'influence de
la réflexion des sols, chaussée et éléments bâtis proches.
Dans certaines zônes urbaines, des réfections de chaussée
avec des enrobés spéciaux dits "silencieux",
qui sont aussi drainants, peuvent diminuer de plusieurs dB les
nuisances, parce qu'ils diminuent
le bruit de roulement au niveau du contact pneu-chaussée.
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courbes dites isophones = ensemble de points de même
niveau sonore
montrant la propagation meilleure en hauteur qu'à proximité du sol
graphique en coupe, perpendiculairement à une grande longueur droite
de voie routière
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influence de l'urbanisation |
Les façades des bâtiments sont toujours réfléchissantes. En
zône très construite, de multiples réflexions peuvent se produire
et engendrer des bruits importants sur des façades non exposées
en vue directe d'une voie de circulation.
L'habitation de la figure ci-contre a une façade côté opposé à
la route qui, en fait, subit des nuisances presque aussi élevées
que la façade côté route.
On peut faire une estimation en faisant un raisonnement géométrique
sur les angles de vue directe et de réflexions.
L (d) = niveau sonore à la même distance, sans obstacles
alfa1 = angle de vue directe de la façade considérée
alfa2 = angle dans lequel il existe des réflexions |
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Conclusion
Les bruits des routes se propagent très facilement, la distance
les diminue insuffisamment.
Pour éviter les nuisances, il faudrait ne pas construire sur
des distances importantes, et pas en hauteur.
La seule solution efficace est de réaliser des protections à la
source, où à sa proximité immédiate. C'est
le rôle des écrans anti-bruit.
suite : écrans anti-bruit |
voir aussi : fenêtres
et vitrages parois
composées isolement
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Réalisé par Patrick Carré, ingénieur INSA, EX prof acoustique IUT, licence Réhabilitation Bâtiments, Université Lyon
1,
conseil acoustique en Rhône Alpes
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