isolation acoustique, acoustique des locaux d'écoute
acouphile.fr : réduire des nuisances de bruit ou satisfaire une qualité d'écoute
Il existe sur ces sujets beaucoup de confusions,
de solutions erronées proposées ....
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Patrick Carré

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traitement acoustique des studios d'enregistrement  

Pour étudier l'acoustique des studios d'enregistrement, il est impératif de dissocier les fonctions des divers locaux que l'on y trouve; à savoir : la (les) cabine(s) de prise de son dans laquelle se trouve les musiciens et les micros, et la cabine d'écoute communément appelée "control room" puisque c'est de là que le preneur de son va contrôler le son qu'il envoie sur les enregistreurs.
L'acoustique de la cabine de prise va influencer la "couleur sonore" des enregistrements, alors que celle du control room devra rendre l'écoute la plus objective et la plus neutre possible.

Il est conseillé de consulter au préalable les pages absorption et réverbération; diffusion; écoute et réverbération; traitement acoustique

La cabine de prise de son

Iil est nécessaire de distinguer deux cas de figure :
- Le studio qui "sonne" et dont on souhaite utiliser l'acoustique naturelle. Ce cas ne sera pas traité ici puisque sa conception acoustique se rapproche de celle des salles de spectacle. Ce type de studio est utilisé surtout pour des musiques "acoustiques" (musique de chambre, symphonique, jazz, chanson …)
- Le studio qui se veut neutre et dont la réverbération pourra (devra !?) être retraitée artificiellement.
Quoiqu'il en soit, n'oublions pas que le signal source, va subir plusieurs réverbérations cumulées : celle du local de prise, celle parfois rajoutée artificiellement puis celle du local d'écoute.
De ce fait, si l'on considère seulement le temps de réverbération et en particulier sa variation en fonction des fréquences, celui d'un studio d'enregistrement devra être presque égal à toutes les fréquences, voire légèrement supérieur aux extrêmes par rapport au médium, comparé à celui d'une salle qui sera plutôt décroissant en allant vers l'aigu.



Subjectivement, cela va rajouter de la "définition" aux prises de son !

Il est donc courant de trouver du bois verni (lambris, parquet…) dans la finition des cabines de prise, celui-ci présentant aussi des qualités esthétiques visuelles. Sa mise en œuvre permet également souvent de dissimuler des matériaux absorbants et/ou de créer des "bass-traps" ou encore des éléments diffuseurs voir matériaux absorbants.

Toutefois, la qualité acoustique ne se résume pas à la maîtrise des temps de réverbération, et il y a un critère qui en studio est encore plus déterminant : l'intensité des premières réflexions. Pourquoi ? Parce qu'à elles seules elles véhiculent l'information de taille de la pièce. voir 3 figures ci-contre et ci-dessus
Ainsi, si une prise de son contient les premières réflexions d'une petite pièce, elle sonnera à jamais "dans une petite pièce". Si l'on tente de lui rajouter artificiellement la réverbération d'une grande pièce, le son deviendra incohérent car il n'est pas possible d'obtenir au naturel des temps de réverbération forts avec des premières réflexions courtes ! voir écoute et réverbération et position des absorbants, une animation interactive pour comprendre l'influence de la réverbération du local et de la position relative des sources et des absorbants et diffuseurs sur la qualité d'écoute.

Voici 4 exemples sonores illustratifs en mp3, à écouter avec un casque de qualité, enregistrement personnel d'une guitare acoustique (environ 200Ko chacun) :
pas de 1ères réflexions
pas de 1ères réflexions + réverbération
1ères réflexions seules
1ères réflexions + réverbération

"control room"

Avant tout, le rôle du control room est d'avoir un rendu le plus objectif et le plus neutre de ce qui est couché sur les enregistreurs, qu'ils soient multipistes ou supports finaux. Il est donc évident que l'acoustique de cette pièce ne doit pas masquer la réverbération du lieu de prise, ni celle rajoutée artificiellement. On pourrait penser alors qu'une chambre anéchoïque (chambre sourde) serait la pièce idéale. Seulement voilà, l'homme a besoin de se situer dans son environnement, notamment par les sons qui l'entourent. Du point de vue psycho-acoustique, la situation en chambre sourde est donc très insupportable. Bref, pour qu'un local soit utilisable pour d'autres choses que des mesures, il doit posséder un minimum de réverbération. Pour le control room, le Tr ou RT60 sera donc forcément court et le prédélai (ou Initial Time Delay, temps entre l'arrivée du son direct et les premières réflexions) devra être supérieur à celui de la cabine de prise pour que les premières réflexions de cette dernière ne soient pas noyées dans celles du control room. Pour obtenir un prédélai long, il faut augmenter la différence de trajet entre le son direct et les réflexions. Ne pouvant repousser les cloisons, il ne reste qu'à rapprocher les enceintes des oreilles. Voilà donc l'une des causes du bon fonctionnement des monitors de proximité dans les studios dont l'acoustique n'a pas été spécialement étudiée !

De plus, les premières réflexions si elles sont intenses, vont avoir un effet néfaste sur la courbe de réponse des enceintes dû au phénomène de filtrage en peigne.
Voici un exemple sonore au format mp3 à télécharger de filtre en peigne créé par des réflexions, celui-ci est moindre lorsque l'intensité des réflexions est faible: Filtrage.mp3

Si vous n'êtes pas convaincu de la modification de la courbe de réponse des enceintes par les réflexions, voici une petite expérience à réaliser chez vous :
Téléchargez le fichier bruit rose L_R et diffusez le dans vos enceintes. Le bruit rose est un bruit contenant absolument toutes les fréquences avec une énergie constante par octave. Dans le fichier ci-joint, il est envoyé alternativement à gauche et à droite. Il y a de fortes chances pour que vous perceviez une couleur de son différente des deux côtés. Il peut y avoir deux raisons à cela : soit votre système d'écoute a des caractéristiques différentes de chaque côté (ce contre quoi les constructeurs luttent en principe), soit la couleur est due aux filtres en peigne créés par les réflexions. Dans ce cas la moindre dissymétrie de position des enceintes dans la pièce, ou des objets qui les entourent occasionne une différence de coloration même avec une source identique.
Echangez maintenant la place de vos enceintes et refaites l'écoute. Il y a fort à parier que rien n'a changé, les différences de couleurs n'ont pas suivi les enceintes car elles sont créées par les réflexions et non pas par les enceintes elles-mêmes.


extrait du livre des techniques du son Tome I 2ème édition ; collectif d'auteur dirigé par Denis Mercier, Editions Fréquences, Eyrolles

On a longtemps pensé que les cabines d'écoute devaient être conçues comme des salles devant porter le son avec une face réfléchissante et une face absorbante, mais cette expérience prouve le contraire. Là où dans une salle les réflexions vont renforcer le son de la source grâce à l'effet Haas, dans un control room, elles vont perturber sa restitution objective par les enceintes. Bref il faudra à nouveau lutter contre l'intensité élevée des premières réflexions.
Là encore, rapprocher les enceintes de vos oreilles y contribue (merci les monitors de proximité), mais cela ne suffit pas si les enceintes sont loin des parois mais que vos oreilles elles, sont proches de parois (mur arrière par exemple).
Dans ce cas, seul l'emploi de parois diffusantes voir diffusion est efficace.

Photo de la cabine de l’un des plus gros studios mobiles français « Le voyageur I » http://www.levoyageur.com/f/. La paroi arrière est forcément près de l'ingénieur puisque la cabine se trouve à l'intérieur d'un semi-remorque !
Il en va de même si vous souhaitez bénéficier des atouts de grosses écoutes (grave plus ample et plus profond, puissance donc dynamique plus élevée…) dont la taille n'autorise guère d'autre choix qu'un encastrement.

Partant de ces constatations, à la fin des années 70, l'acousticien Don DAVIS a tenté de formaliser la conception des cabines d'écoute selon la technique qu'il a dénommée "LEDE" (Live End Dead End). Cette conception propose de placer les faces réfléchissantes assez loin dans le dos de l'ingénieur, et de placer une face très diffusante à l'arrière ou autour des enceintes. Dans la pratique, ce type de cabines est très peu fatigante car ne nécessitant pas de gymnastique intellectuelle pour extraire (même inconsciemment) le signal source des réflexions du lieu d'écoute. Ce type de cabine n'est évidemment adapté qu'à l'écoute stéréophonique. L'engouement pour les systèmes de mixage 5.1, rend cette technique pourtant éprouvée complètement obsolète. L'arrivée sur le marché des supports surround dédiés à la musique (DVD audio, SACD) nous oblige à repenser nos systèmes d'écoute. Les enceintes arrière ne se contentent plus de diffuser les "effets bœuf", mais doivent être considérées à l'égale des enceintes frontales. La conception de cabines de mixage en est complexifiée d'autant !

page réalisée par Frédéric Finand, ingénieur du son, formateur en techniques du son, conseil en traitement acoustique des studios d'enregistrement

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voir pour l'isolation types d'interventions et pour le traitement oreilles délicates.

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Site réalisé par Patrick Carré, ingénieur INSA, EX prof acoustique IUT, licence Réhanilitation Bâtiments, Université Lyon 1, conseil acoustique en Rhône Alpes
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